Vrac intellectuel et frivole

Nuancier

Atomne automne automne.

Tap tap tap, le bruit plus sourd des talons aiguille sur le trottoir. Clip clap, celui des gouttes que les nuages, lourds et gris laissent choir à foison. Au loin une sirène, comme rappel de la ville. Plus près les moteurs, qui tournent tant et plus. Et la vie qui grouille dans la ville, un peu différemment.

C’est l’automne dans les sons citadins qui s’étouffent d’eux-mêmes.

Rouges, or, brunes, les feuilles qui se mélangent au sol et caressent les bottes des passantes. Gris les par-dessus, pourpres les écharpes, noires les premières mitaines aperçues. Foncé et strié le bleu du ciel. Vert le courant du fleuve.

C’est l’automne dans les teintes octobre du monde.

Chaudes et craquantes les premières châtaignes, fumés et moelleux les champignons des sous-bois, fondante et relevée à la noisette, la courge muscade qui s’offre au palais en attente.

C’est l’automne en saveurs à ta table.

Acre l’odeur de la terre humide, fougueuse celle du foyer attisé, plus lourds, les parfums qu’on arbore, plus neutres, ceux des corps emmitouflés.

C’est l’automne qui s’offre en fragrances.

Souples les étoffes dont on se pare, douces celles dont on se protège, plus sèches les mains qui touchent, surprenant le contact des peaux qui se retrouvent  et se reconnaissent encore sous ce commencement d’armure que le temps contraint à porter.

C’est l’automne qui se donne à cueillir.

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16 octobre, 2013 à 13 h 45 min


3 Commentaires pour “Nuancier”


  1. Grégoire écrit:

    On reconnait bien là l’œil mutin de la belle personne qui veut voir la beauté des choses en lieu et place de la symbolique qu’elles peuvent représenter.
    « Il n’y a pas de mal à ça, mon bon M’ssieur » me direz-vous et vous aurez mille fois raison. Non seulement il n’y a pas de mal à cela mais il n’y a que du bien…
    Appréhender la saison crépuscule de l’année où les arbres, plantes, animaux, se prépare à se mettre en sommeil pour passer l’hiver, comme l’opportunité de s’émerveiller de choses nouvelles ou perpétuellement renouvelées permet de ne pas vivre la sinistrose que provoque la partie de cache cache que nous jouons avec le soleil et pour laquelle nous avons une grosse tendance à perdre.
    Une nouveauté me touche en ce début d’automne… Une éventualité à requalifier… car la rencontre est déjà faite

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  2. venise écrit:

    Tu me réconcilierais presque avec cette saison que je n’aime pas tellement…
    Elle est synonyme de fin des vacances, de l’été, la rentrée et souvent de dispersion de la tribu.
    Je n’ai souvent qu’une envie me rouler en boule sous la couette et attendre que ça passe alors merci pour ce joli texte auquel je penserai au prochain coup de blues :)
    Bises

    Répondre

  3. rienaredire écrit:

    :) Heureuse de vous lire, tous deux. L’automne à vrai dire me fait balancer entre deux sentiments façon fruits de saison : mi figue mi raisin. Alors, pour éviter le spleen et préférer l’idéal, je chasse les quelques rayons dorés au milieu des nuages et je les mange comme une gaufre achetée au marchand ambulant du parc, qui s’est paré de ses plus chatoyants atours. C’est bon pour l’âme et fait s’envoler le regret de l’été dépassé.

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