Vrac intellectuel et frivole

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Changement d’adresse

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Ce blog étant difficilement accessible, j’ouvre un nouveau lieu.

Retrouvez dès à présent RienARedire à l’adresse suivante :

http://rienaredire.wordpress.com

De la tristesse

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J’ai douze ans. Je suis l’enfance dans mes jeux, dans mes bagarres de cour d’école, dans l’odeur de mon cartable, dans mes rêves pour plus tard. Je ne suis pas grand. Quand je serai grand, je ferai de grandes choses. Aujourd’hui, j’ai douze ans, j’en fais de petites. Je suis l’enfance dans mes pantalons troués aux genoux, dans l’autorité de mes parents, dans les prémisses de l’élaboration de mes propres goûts, dans les influences de ceux des êtres qui m’entourent.

J’ai douze ans, je ne suis plus si petit. Je veux choisir pour moi-même, décider. Ne souris pas de mes bleus ni de mes bosses, lecteur, ils font tout aussi mal que ceux des grands. Les coups au coeur d’un adolescent sont aussi durs que ceux portés à un adulte qui, lui, saura peut-être, à force d’en avoir pris, les recevoir même un peu mieux.

Hier, en sortant de l’école, j’ai pris ce chemin en pente qui mène à ma maison. Le soleil tapait encore sur le crépis des murs et décorait les graffitis. J’avais dans mon sac un trophée. J’étais le bonheur incarné. Je portais sur moi un objet que j’allais pouvoir vénérer, et, qui sait? avec quelque incantation vaudou de mon cru, m’en servir à des fins grandioses.

Il y a cette fille dont la longue natte s’agite dès qu’elle secoue la tête. Avec ce sourire d’une oreille à l’autre, des taches de rousseur plein le museau, des cils longs et fournis qui balaient un regard qui ne m’est jamais destiné. Elle a son petit groupe à elle. Et je crois qu’elle s’en fiche un peu, des amours juvéniles. Elle a ses copines.

Moi, pauvre de moi, je n’en ai parlé à personne. D’abord parce que jamais je ne voudrais être poussé par un bien intentionné à l’aborder. Ensuite parce que le reconnaître modifierait peut-être ce sentiment qui est mien, et uniquement mien. Enfin parce que c’est ainsi : comment dire l’indicible ?

Pendant la dernière récré de la journée, caché par la troupe regroupée dont je suis un élément accepté mais de moindre intérêt, j’ai pu l’observer à mon gré. Elle avait cueilli une pâquerette dans les parterres de la cour, et l’avait glissé à son oreille.

La sonnerie rappelant au retour en classe, elle et les autres se dirigèrent vers les bâtiments.

C’est là que je l’ai vue. La chétive fleur avait glissé au sol. Je la recueillis d’une main, prestement. Emballement de mon coeur. Tap. Tap. Tap. J’avais un peu d’elle avec moi. Qu’elles furent longues, ces dernières heure avant que sonne celle de la libération!

J’étais seul dans la ruelle. Le meilleur moment pour admirer mon trésor. Le protéger. Décider de sa sauvegarde. Ouvrant mon sac au sol, je sortis la fleur de la poche dans laquelle je l’avais glissée. Je la regardai dans ma paume ouverte. Après ce temps passé enfermée elle n’était plus rien. Les pétales avaient fané. La tige était brune et emmêlée. Il était un peu trop tard.

Je m’assis alors et me mis à pleurer. Voyez vous, j’ai douze ans. J’ai mal comme un grand et pleure comme un enfant.

 

Une nouvelle fois, ce billet répond aux contraintes d’un jeu d’écriture. En voici l’énoncé : Un garçon, seul sur le bord d’un chemin, pleure. Pourquoi? Nous avons 500 mots pour le dire. Les participants peuvent proposer leurs productions jusqu’à samedi. Vous pouvez bien sûr vous prêter à l’exercice ici même si vous désirez vous joindre à nous, ou nous indiquer par voie de commentaire, la publication de votre texte sur votre blog. Les joueurs volontaires sont pour l’heure les mêmes que pour les précédents billets : 

http://frayer-monblog.blogspot.fr

http://gregatort.wordpress.com

http://plumechocolat.wordpress.com

http://motspourlecrire.canalblog.com

 


Elle est belle et elle le sait.

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Cher lecteur, permets moi de te mettre en garde. Ce billet est auto-centré, plein d’affects, sans doute indélicat et sûrement très subjectif. Ce billet, voilà longtemps qu’il trotte en moi ; les idées que je veux y inscrire fusent, partent dans tous les sens, et manquent d’unité.

Voilà quelques temps pourtant qu’il me semble évident d’aborder le sujet, si épineux et complexe soit-il pour moi. Si futile et hors d’intérêt pour d’autres sans doute.

Un dernier bref message sur Twitter m’a décidée. Il s’agissait d’une boutade comme une autre, lancée à la cantonade par un utilisateur du réseau :

« Le problème des jolies femmes, c’est que dès leur plus jeune âge, elles le comprennent. »

Je ne crois pas. Au contraire. En fait, le problème des jolies femmes c’est justement de l’être, tout autant que d’en douter.

Alors oui, tu me diras, lecteur,  qu’il y a plus dur dans la vie que d’avoir une bouche bien ourlée, un regard qui pétille, des cheveux qui brillent, des proportions corporelles harmonieuses. Tu me rétorqueras que les femmes qui sont belles savent souvent en jouer, et que c’est ceux qui les regardent qui sont pris.

Sans doute.

 

Il me faudra alors te parler de moi.

 

Je suis de ces femmes qu’on qualifie de jolies, voire de belles. Et sans doute le suis-je, bien que mon miroir ait tendance à ne pas me dire la même chose que ceux qui me regardent. Et je crois que si mon miroir ne me dit pas la même chose, c’est parce que je ne veux surtout pas disposer d’une supériorité quelconque et issue d’une simple chance génétique, sans rapport avec mon travail, ma relation aux autres ou ma façon d’être au monde.

Tu me diras alors que ces trois derniers postulats sont eux-mêmes fortement conditionnés par l’apparence physique. Je répondrai que tu as sans doute raison, et que le poids de celle-ci n’est pas forcément moindre lorsqu’on remplit les conditions esthétiques consensuellement reconnues comme des critères de beauté. Et que de porter comme signe distinctif celui d’appartenir à la catégorie des « beaux » implique forcément une posture adéquate par le « chanceux », ou, en l’occurrence, la bénéficiaire.

Bien sûr, je n’aurais pas préféré être laide, ni grosse, ni difforme. Evidemment, il est plaisant de reconnaître en l’autre le fait que notre physique ne lui est pas déplaisant. Mais ce n’est pas aussi simple. D’abord, parce que cette apparence physique, il m’a fallu l’accepter. Et pour cela il m’a bien fallu 30 ans. C’est à dire la reconnaître comme étant telle, sans pour autant craindre que le fait de l’admettre soit perçu comme une forme de velléité, de supériorité, de pédanterie, de ma part. Dire « oui, je suis belle », ça implique forcément la comparaison, et le reconnaître face à un interlocuteur, c’est souvent l’impliquer dans celle-ci. Ensuite, parce que mon être doit faire ses preuves, un peu dans le sens contraire de celui qui est disgracieux. Ce que j’entends par là, c’est que mon rapport aux autres doit être souvent une preuve que mon apparence ne m’avantage pas, et que mes compétences dans le domaine évoqué n’en sont pas affectées. Enfin, il arrive sporadiquement que mes relations soient biaisées par un rapport de séduction que je voudrais moindre. D’autant plus lors qu’il s’agit de ma sphère amicale!

La beauté, à mon sens, laisse tout sauf indifférent. Elle attire, elle blesse, elle charme, elle est jalousée, et il est bien rare qu’on l’outrepasse à sa première rencontre. L’effort sera donc à faire par la « chanceuse »/le bénéficiaire pour que l’autre ne se sente ni en danger, ni ne tombe amoureux, ni ne fantasme, mais, simplement, s’intéresse à son discours.

 

 

Je te laisse,  ami lecteur, avec ces quelques phrases, glanées parmi d’autres, au gré d’échanges…

« Tu es belle, vis avec ça, mais surtout ignore le, surtout quand les autres te le rappellent. »

« Regarde celle-là : elle est belle et elle le sait, ça se voit (cette …). »

« Vas-y, fais la belle, ne me réponds pas. »

 

 

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