Vrac intellectuel et frivole

Expérience dépaysante et grincements de dents

 

Pour la première fois depuis l’ouverture de ces lieux, je vais laisser mon clavier, mes pensées, mes coups d’amertume et mes coups de cœur, à un tiers.

 

Ce tiers, ou plutôt cette tierce, c’est Daphné Lénoril. Elle a écrit cette nouvelle intitulée « Sécurité » et je l’ai incitée à la partager. Comme je suis très convaincante, elle a accepté et je vous la livre donc telle quelle.

 

Pour ma part, je me retrouve à bien des égards dans ce que Daphné raconte et je suis sûre que je ne suis pas la seule. Je suis curieuse des expériences que les uns et les autres ont à rapporter de leurs passages plus ou moins épicés dans les aéroports français et étrangers.

Et en attendant que vous ne vous exprimiez, place à Daphné.

 

Bonne lecture !

 

Roissy, son RER, son aéroport, son terminal 1. Comme c’est un nom très moche, Roissy, on a appelé l’aéroport Charles De Gaulle. Comme c’est un stade du cancer, terminal, on l’a appelé camembert. Je ne sais pas bien ce que sentait le général, mais camembert est effectivement plus adapté.

L’atmosphère singulière du lieu est pulvérisée sur fond gris, car tout est gris. Le gris du béton et du sol, le gris du ciel parisien et de l’aluminium, le gris des parkings, des colonnes, des tapis roulants, des escalators et même du verre, contaminé par la grisance.

Çà et là, des touches de couleurs, ce sont les logos des compagnies aériennes et les publicités. Elles procèdent à l’opposé des espèces vivantes qui cherchent à se camoufler pour éviter la prédation, elles cherchent à être repérées, elles n’existent que pour être consommées.

Et derrière les odeurs, derrière l’atmosphère, derrière le dominant gris, derrière la dominée couleur, siège la terreur.

Et de quoi a-t-on peur exactement ? On a peur du terrorisme. Et plus encore depuis 2001, l’odyssée de l’espace aérien. On a peur qu’ils fassent tout péter, ces maudits étrangers qui viennent manger le pain et le camembert des Français. Alors on mesure la taille du coupeongle, on interdit les aiguilles à tricoter, on fait goûter aux mères le lait des bébés. Alors je vais trouver, dans la fourmilière, mon guichet d’enregistrement. Je sais que je vais voir une file d’attente interminable, même si je suis venue en avance, car il faut toujours venir en avance ! Toujours ! Vol intérieur, vol international, on arrive en avance. Pour qui, pour quoi ? Parce que c’est comme ça ! Parce qu’on ne prend pas de risques ! Parce qu’on ne vole pas à la légère ! C’est vrai, ça, le vol, c’est un combat contre la gravité. À la fin de la queue (sic), j’arrive devant l’hôtesse de mon guichet, elle me regarde comme si j’étais en faute, elle lit mon passeport et prononce mon nom avec la vilaine mélodie interrogatrice de celle qui doute. Vous vous appelez vraiment comme ça ? a-t-elle l’air de dire. Je m’appelle comme je veux, merci. Ma valise est posée et pesée sur le tapis roulant, elle y attache un horrible autocollant avec un code barres qui abîme le cuir et qu’on ne peut retirer qu’au prix d’un ongle cassé.

Au loin sur le tapis, j’entends ma valise dégringoler et je crains pour mes livres.

Ensuite, sur mon passeport ouvert, elle entoure l’heure et la porte d’embarquement avec un stylo à bille bleu. Sa main grasse et malhabile lui échappe et elle déborde, son cercle grossier vient se terminer sur ma photo, elle fait mine de ne pas s’en rendre compte. Morue.

Je regarde ma carte d’embarquement. Eh oui ! c’était nécessaire d’entourer l’heure inscrite juste en dessous du mot “embarquement” et c’était indispensable d’entourer le numéro qui se trouvait juste en dessous de “porte d’embarquement“. Non seulement je me sens soupçonnée mais en plus je me sens prise pour une idiote par une hôtesse qui a un QI de praire.

J’enfouis nerveusement mon portefeuille, mon passeport et ma carte d’embarquement dans mon sac et je fais claquer mes talons en partant au pas de course. Évidemment, il me faut patienter, encore un bon moment. Je préfère prolonger un peu l’attente dans l’endroit où la psychose est moindre, c’est-à-dire avant les contrôles de sécurité. Je passe aux toilettes — en cours d’entretien, veuillez aller chez les hommes —, je constate que mon maquillage a coulé. J’ai envie de pleurer. Pas parce que je suis triste, mais parce que la condition humaine se résume parfois à nos petitesses. Il suffit que je prenne une profonde respiration, que je me refasse une beauté et je serais repartie.

La profonde respiration, dans les toilettes des hommes… mauvaise idée.

Je repars aussi vite que je le peux, je percute le chevalet jaune-hideux qui dit “Attention sol glissant” en six langues, et je m’éloigne en frottant ma hanche qui me fera un bleu. Après avoir bu un café abject acheté à prix d’or dans une cantine qui a usurpé le nom de cafétéria, je me résous à passer les contrôles de sécurité. Ma hantise. Et là encore, la queue. Je suis du bétail qu’on va dépecer, scanner, palper et transporter. Quand on donne à un enfant de quatre ans la possibilité de dessiner le tracer d’une file d’attente, ça doit donner ça : une espèce de labyrinthe idiot qui serpente dans tous les sens au sein d’un carré. Et les voyageurs se suivent à la queue-leu-leu comme la transhumance forcée de rats de laboratoires bientôt testés pour des produits de beauté. La bandoulière de ma sacoche me lacère l’épaule, je la pose au sol, puis la reprends, dans un ballet discontinu entrecoupé d’entractes de trente secondes. De là où je suis, je vois l’agent de sécurité en costume gris. Il arbore un visage courroucé, peinant à dissimuler sous son professionnalisme son indéniable stupidité. Mais il est le gardien du troupeau. Je suis sûr que lorsqu’il prend son petit blanc le matin au bar, il ponctue ses allégations de superbes “Et chuis pas un imbécile, puisque chuis douanier.“ Même s’il n’est pas douanier.

Cette farandole infantilisante s’achève par l’attribution d’un couloir de passage. Je pense au travail à la chaîne, au fordisme… qui a été inspiré par une visite dans les abattoirs de Chicago. Ça ne s’invente pas. L’agent m’attribue mon couloir. D’un coup d’oeil il vérifie si je ne transporte pas subrepticement une bombe à fragmentation thermonucléaire dans mon décolleté et, avec l’air de me faire une faveur, il me laisse passer. J’observe à côté de moi un type à la peau un peu trop foncée, je parie intérieurement qu’il va avoir droit à un traitement spécial. Il aura droit à un surcroît de fouille, de temps d’attente et surtout de regards soupçonneux. Tout ça à cause d’un excès de mélanine.

C’est pas culturel, c’est génétique, la mélanine. Plus t’en as, plus t’irrites les rétines des cerbères. Et le cerbère aux rétines irritées, il se sent pousser des zèles. Le zèle du scrupule — oh ! pas le scrupule d’un traitement humain de ses semblables, le scrupule de celui qui ne laisse rien passer —, le zèle de la mélanine, le zèle de la question, le zèle du règlement. Il plane à cinq miles avec ses zèles, dans son aéroport, le cerbère allergique à la mélanine.

Bien évidemment je gagne mon pari. Le mélaniné a droit à son traitement de défaveur. Je n’ai aucun mérite, les humains sont ainsi. La machine qui scanne avec ses rayons X est plus neutre, plus impartiale, plus équitable. Elle ne présuppose pas que le déodorant des uns est plus dangereux que le déodorant des autres. Pour elle, c’est un récipient en aluminium, avec des molécules dedans.

À mon tour de m’approcher de la machine, je dois lui présenter des offrandes en suivant un rituel propre à ce temple de la vie céleste. Je sais qu’elle sera plus humaine avec moi que tout agent de la sécurité avec qui je parlerai. Je dépose ma veste dans un affreux petit bac bleu, mon sac dans un autre bac et mon ordinateur dans un troisième. Il faut sortir l’ordinateur de la sacoche ! me crie au loin une voix indubitablement émise depuis une moustache. Gagné, c’est bien un moustachu. Je sors mon ordinateur que je place dans un quatrième bac, et je suis leur progression vers la cabine de rayons X.

Devant moi, un homme quelconque se voit demander de retirer sa ceinture. Puis ses chaussures. Il avance comme un idiot en se tenant le pantalon et en traînant ses chaussettes au sol, rapatriant des milliards de bactéries qui finiront dans ses chaussures puis dans son lit.

Psychose. C’était Hitchcock. Là on est plus proche du Procès de Kafka ou du big brother dépeint dans le 1984 d’Orwell. On veut voir des gens en chaussettes !

Mais qui peut bien avoir une idée pareille ? Ce n’est ni Hitchcock, ni Kafka, ni Orwell, c’est l’oeuvre du scénariste de films érotiques bon marché qui ciblent les fétichistes du pied !

Je suis désolée, je ne marche pas ici en collants.

Madame, c’est le règlement, il faut retirer vos chaussures.

Mais c’est déjà arrivé combien de fois que quelqu’un cache un truc dans ses chaussures ?

Madame, ce n’est pas moi qui fais le règlement.

Moi je ne marche pas ici en collants.

Pendant ce temps, l’opérateur derrière son écran scrute le contenu de mes affaires. Une collègue de l’agent vient m’apporter des sur-chaussures dans la même matière que les charlottes dans les salles blanches. J’ai vraiment l’air stupide. Mes chaussures passent aux rayons X, dans un cinquième bac, et moi, avec mes chouquettes bleu ciel aux pieds je traverse le portique.

Bip.

Vous n’avez rien dans les poches ?

Il n’y a pas de poches dans une jupe portefeuille. (Ignare.)

Veuillez repasser.

Bip.

Et me voilà, faisant le pas de trois, devant un public qui s’impatiente.

Palpation. Palpatine.

La femme avec des traces de zona sur la joue et des gants en latex sur les mains vient vers moi avec l’assurance de celle qui s’y connaît. Elle me tapote un peu partout consciencieusement pendant que le type de devant remet sa ceinture. C’est humiliant, j’ai l’impression d’être une prostituée qui sort d’une mauvaise passe et à qui on a payé un bonus pour que les gens regardent.

Elle avait besoin de me tapoter aussi le sein droit pour être sûre. Le gauche non. Juste le droit.

Avec un air martial, elle me fait signe que c’est bon pour cette fois. Mais l’opérateur derrière l’écran fait signe à son collègue. Mon ordinateur. Il faut l’allumer. Des fois que ce serait pas un vrai. Je l’allume. L’agent regarde mon fond d’écran, Jaime Lannister dans Game of Thrones. Il me lance un coup d’oeil qui dévoile instantanément sa pensée : j’ai quoi exactement comme rapport avec mon frère ? Pauvre abruti ! Et ça lui suffit, il referme mon ordinateur en laissant glisser ses grosses mains sur mon écran.

Ah il faut aussi vérifier mon sac. Je l’ouvre. Je n’en peux plus. Je me sens salie, humiliée, leur maudite psychose impudique et intrusive m’achève… vas-y, fouille, débile, dis-moi si tu trouves que j’ai bien besoin de ma crème anti-rides ou si tu penses que le pourpre de mon pull ne doit pas m’aller au teint.

Hagarde, je le laisse lui même chercher l’objet du délit. Il écarte mes vêtements. Oui je plie mes culottes, et maintenant que tu les as touchées je ne les mettrai plus jamais. Je ne vais pas les laver, je vais les brûler ! Il sort mon vanity. Mais c’est à moi de l’ouvrir. Parce qu’il y a du respect Madame. Je l’ouvre. Et là, l’objet du crime. Lolita Lempicka. Avec son doigt noueux il montre l’inscription au bas du flacon : 100 ml. Il n’en reste qu’un fond ! mais il s’obstine avec son doigt sur l’inscription. C’est 83 euros chez Sephora ! mais il s’obstine ! Alors je cède. Je suis laminée, je ne peux plus rien. Et pendant que je remets mes chaussures et que je rassemble mes affaires, il saisit mon parfum qu’il amène à la grande poubelle en singeant Montand dans Le salaire de la peur. Sur son visage on peut lire le sentiment de celui qui a bravé le danger pour bien faire son métier.

Vous avez sauvé combien de vies, là ?

Madame calmez-vous, c’est le règlement…

Je suis complètement calme et j’ai posé une question ! Alors ? Combien de vies vous avez sauvées ?

Madame s’il vous plaît…

Mais réponds ! Combien ?

Madame restez polie !

Je SUIS polie et je t’em… brouille !

(J’ai dû inconsciemment intégrer cette injonction de politesse, impossible d’aller au bout de ma pensée.)

À bout de nerfs je vais m’effondrer sur un siège de la salle d’embarquement. Comment est-ce qu’on en est arrivé là ? Et c’est quoi la prochaine étape ? On va devoir se mettre à poil pour passer la sécurité ? Tous à poil et aux rayons X ! Mireille ! on a encore un stérilet non réglementaire à la 12 ! Madame, c’est quoi ce modèle ? Et combien d’enfants vous avez eus au juste ? Bon, veuillez le retirer, il faut que j’enregistre le numéro de série. Vous avez bien la facture avec vous ?

Comment on en est arrivé là ?

Je ne veux plus partir.

Mais si je ne prends pas mon vol, je vais devoir retourner dans le RER B.

Charybde ou Scylla.

Ceux qui sont prêts à abandonner une liberté fondamentale pour obtenir temporairement un peu de sécurité, ne méritent ni la liberté ni la sécurité.” Benjamin, ce prophète. Nous n’avons ni la liberté, ni la sécurité.

Comment on en est arrivé là…

Je ne vois qu’une explication. La gestion des aéroports est soumise à la pression des lobbies ferroviaires. Leur but depuis quelques années c’est de nous faire préférer le train.

Eh bien c’est gagné. Dans le train, on étiquette les bagages et… et c’est tout. Il y a encore quelques années, ce n’était pas beaucoup plus compliqué de voyager en avion. Mais les lobbyistes sont doués. Ils ont fait germer les graines de la terreur dans l’esprit des gestionnaires d’aéroport.

Quelle maladie mentale peut-elle conduire à faire penser que 99 millilitres de lait sont moins dangereux que 101 ? Quelle affection du cerveau peut-elle conduire à établir que 10 millilitres de parfum dans un récipient de 150 millilitres sont plus dangereux que 40 millilitres dans un récipient de 50 millilitres ? Et d’ailleurs, quand est-ce qu’un terroriste a décidé de liquéfier ses couteaux et mitraillettes ?

Moi, si j’étais terroriste, j’aurais plein de petits récipients. Et pas de mélanine. Une sorte de Michael Jackson apothicaire.

La SNCF est un repaire d’anciens conseillers et plumes d’élus, ils se lâchent dans la fiction quand ils communiquent. « Parce qu’on ne détourne pas les trains. » « L’avion a provoqué la grippe aviaire. » « Venez transporter du liquide dans le train ! » « Pour que ce ne soit pas votre dernier voyage. » « Aéroports de Paris, c’est gagné, vous n’avez pas ri. » « Gare aux aéroports ! » « Les terroristes n’aiment pas le train, et ils sont bien les seuls. »

Après des années de pression exercée sur les dirigeants des aéroports, ils sont arrivés à leurs fins. Voilà comment on en est arrivé là. Sans liberté ni sécurité, on préfère le train, ou on reste chez soi.

Charybde ou Scylla.

13 septembre, 2013 à 13 h 41 min | Commentaires (3) | Permalien


Un peu d’été

Juste un peu d’été pour qui veut le prolonger alors que les Bic quatre couleurs se battent avec les stylos plume, alors que les Clairefontaine atomisent les Oxford, alors que les Maped prennent le plus d’espace possible afin de conserver leur place d’honneur au rayon fourniture scolaire, lequel rayon a allègrement viré rabanes et tubas, pistolets à eau et tables pliantes, et fait portion congrue aux bikinis et serviettes de plage.

Juste un peu d’été par les étoffes encore légères, par les glaçons qui tintent dans les verres de rosé, par la couleur cyan du ciel, par les envies de crudités, encore, encore, pour éviter d’entendre la sonnerie de l’école proche, rappelant les élèves à leur obligation de présence, présence de corps autant que présence d’esprit.

 

Croire un moment encore à cette liberté de l’air et des songes. Oublier encore les contraintes, ou les faire belles et dorées comme la peau de ces gosses qui ont passé deux mois dehors. Garder la saveur des sorbets dans la bouche, le parfum du foin coupé plein les narines, le crépitement du charbon se consumant sous les filets grillés, les rires au coin du soir dans les oreilles, la complicité de ces moments dans le cœur.

Les conserver. Les mettre dans des petites boites et les ranger dans notre tête. Les étiqueter. Savoir en rouvrir une dans un moment d’amertume, de tristesse, d’inquiétude. Plonger une petite cuillère dedans, la mettre en bouche, la savourer lentement.

Etre prudent, parcimonieux, mais savoir aussi vider le stock avant l’été prochain, histoire de faire assez de place aux bocaux nouveaux qui viendront.

 

Bonne rentrée.

5 septembre, 2013 à 15 h 30 min | Commentaires (1) | Permalien


Misère.

Tous les jours, en me rendant dans les bureaux qui attendent ma présence laborieuse, tous les jours, avant d’emprunter les transports en commun qui me conduiront en ma demeure, je passe à côté d’un camps de fortune fait de dizaines de toiles de tentes de deuxième main, de vieux meubles cassés, de tancarvilles supportant des haillons, de vieux jouets déboités, de trottinettes sans roues, d’un bric-à-brac tant usé qu’il n’a plus, et depuis bien longtemps déjà, aucune valeur marchande.

Le camp. Ce camp. Habité d’une centaine de personnes au moins, et pour la grande moitié d’enfants.

Ils sont là, depuis près d’un mois. Sous le pont de l’autoroute, sur les galets figés dans le ciment, sur les graviers collés à l’asphalte. Ils sont là, dans la pauvreté la plus mordante, la plus crue, la plus dénuée d’espoir. Ils sont là et semblent figés en cette image terrible de la misère noire.

Qui a lu Calaferte, et plus précisément le Requiem des Innocents, situe approximativement le lieu de l’intrigue de ce dramatique roman semi autobiographique aux environs de la gare de Perrache, Lyon, dans les années 1930.

Au même endroit, rien n’a changé. Près de cent ans après, la même horreur, la même violence, les mêmes regards qui se détournent.

Des regards évités, pour de bonnes, ou de moins bonnes raisons, quelles qu’elles soient : peu louables. Et mes yeux à moi qui ont, jour après jour, plus de mal à ne pas s’emplir de larmes.

Ces gosses faméliques, qu’on agite au bout de bras burinés tels des pantins. Ces hommes regroupés dans une attente éternelle. Ces femmes aussi belles que malades et perdues.

Et mon impuissance face à tout cela.

Et ma rage de penser que certains veulent les foutre dehors. Les acculent. Les vilipendent. Les détruisent de leurs mots de gros bourgeois dans l’opulence. Vous n’êtes que des porcs, messieurs.

Tirer sur la misère pour combler un électorat. Pendre haut et court ceux qui n’ont rien. Voilà votre grandiloquence. Je ne vous félicite pas.

 

Un jour, vous comprendrez peut-être qu’il n’est de plus grande gloire que de défendre la dignité des faibles.

 

Croyez-moi, ceux que je croise ainsi chaque jour en ont le plus grand besoin.

22 juillet, 2013 à 19 h 42 min | Commentaires (3) | Permalien


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